Des racines nées
Synopsis Déracinée de sa terre d’origine, la diaspora tente de s’enraciner ailleurs. Mais, est-ce encore possible d’appartenir?
Date de sortie 2022, novembre 17
Genre Court-métrage documentaire expérimental
Durée 00h 08min 53s
Production Les Films de l’Autre x Alunaya
Streaming
∞ Vimeo On Demand
∞ ONF
Projections
∞ 2026, octobre 12 | Urban Mediamakers Film Festival / Lilburn, USA
∞ 2026, septembre 12 | Black Yonder / Oulu, FINLANDE
∞ 2025, janvier 12 | Blow-Up Chicago International Arthouse Film Awards / Chicago, USA
∞ 2024, août 1 | International African Film Festival / Buenos Aires, ARGENTINE
∞ 2024, juillet 17 | San Francisco Frozen Film Festival / San Francisco, USA
∞ 2024, avril 19 | 11th International Video Poetry Festival / Athènes, GRÈCE
∞ 2024, mars 22 | SPE Media Festival / Missouri, USA
∞ 2024, mars 07 | Hayti Heritage Film Festival / Durham, USA
∞ 2023, décembre 26 | Canada Shorts – Canadian & International Short Film Fest. / CANADA
∞ 2023, octobre 13 | Zambia Short Film Festival / Lusaka, ZAMBIE
∞ 2023, septembre 29 | Montreal International Black Film Festival – Sélection officielle / Montréal, CANADA
∞ 2023, mai 31 | AC DC IFF – Finaliste / Montréal, CANADA
∞ 2023, mai 27 | CIFF – Sélection officielle / Montréal, CANADA
∞ 2022, novembre 17 | RIDM – Ouverture / Montréal, CANADA
Tiohtià:ke compte une grande faune arboricole. La ville engage plusieurs initiatives depuis des années pour les préserver et les mettre en avant. Leur importance écologique, économique, et humaine, est connue et reconnue. La ville compte plus de trois cent espèces différentes, ce qui offre une variété d’arbres exceptionnels et remarquables. En 2008, Bronwyn Chester rédige le blog Les mardis des arbres, dans lequel il partage son amour des arbres. Ces chroniques sont aujourd’hui regroupées dans le livre « Une île d’arbres », racontant Tiohtià:ke à travers cinquante arbres. En 2021, Portrait Sonore développe une promenade virtuelle et audio, « À la racine de l’arbre », permettant la rencontre des arbres du parc Mont-Royal et de celles et ceux qui les côtoient.
« L’état de nos racines est grandement responsable de l’état du reste de l’arbre. Nos fondations seront responsables de nos victoires et de nos échecs. »
À Tiohtià:ke, la proportion de la population immigrante est en constante augmentation et représente aujourd’hui un quart de la population de la grande ville. Nous provenons principalement d’Afrique et d’Asie, puis d’Amérique et d’Europe. En tant qu’immigrant.es, nous partageons toutes et tous ce sentiment interne de ne plus appartenir à notre nation d’origine et de ne pas appartenir non plus complètement à notre nation d’adoption.
Alors que les arbres s’enracinent pour plusieurs centaines d’années, l’immigration est un déracinement suivi d’une quête identitaire, d’une quête d’ancrage, d’une quête d’enracinement dans le pays d’adoption.
« Des racines nées » raconte la naissance de la nouvelle identité, multiple, unique et singulière des personnes immigrées à travers un film-documentaire scénarisé, esthétique, au rythme lent et à la conception sonore particulière.
Mot de la cinéaste
Immigrée de première génération, l’idée de « Des racines nées » m’est venue quelques années après mon installation au Canada en 2013. De plus, ayant voyagé dans plusieurs pays, sur différents continents, j’ai pu rencontrer des immigré.es partout dans le monde. Peu importe d’où l’on vient, peu importe notre pays d’accueil et les conditions d’accueil, j’ai pu voir que nous partagions toutes et tous un sentiment commun.
Mon idée s’est réellement ancrée dans mon esprit en 2017, avec la sortie du morceau « Déraciné » de la chanteuse Montréalaise Meryem Saci, qui a su mettre en mots ce sentiment de déracinement lié à l’immigration. Continuant à voyager, mon idée n’a fait que mûrir, jusqu’à sa réalisation en 2022.
Dans un contexte de xénophobie grandissante, en plus de la crise climatique qui nous mène vers des flux migratoires de masse, et nous rappelle en permanence l’importance de la flore arboricole, le moment était crucial afin de mettre en avant le vécu, les sentiments liés à l’immigration, remettre de l’humain et de l’humanité sur ce phénomène sociétal, et éveiller les consciences sur l’importance de la préservation de notre nature, autant terrestre qu’identitaire.
Traitement visuel & sonore
« Des racines nées » est un film contemplatif permettant à l’audience d’entrer dans un état méditatif et de se laisser complètement porter. Le film compte trois parties, incluant les quatre éléments naturels.
Le déracinement, Partie 1 – Air et Eau
La première partie de « Des racines nées » raconte la séparation du pays d’origine, le rêve d’une vie nouvelle, la soudaine non-appartenance, la solitude dans ce déracinement. L’ambiance est aérienne et lourde, fluide et chaotique, morte et naissante, pleine d’espoir et troublée.
Le film commence par des gros plans, fixes, de feuilles d’arbres volant dans les airs et des mouvements des mains et des cheveux du protagoniste. Les plans sont très épurés, montrant l’essentiel de propos : par exemple, une seule feuille vole dans le cadre, une seule main du protagoniste, etc. Ces plans sont également entrecoupés de très gros plans de cheveux, d’oeil, de différentes parties du corps du protagoniste. Ces premiers plans symbolisent l’envol, le déracinement, l’appartenance à aucune terre, l’aérien. Sur ces images, nous entendons en voix-off le début du poème écrit pour le film. Ces paroles évoquent le déracinement. Le son naturel de la musique des feuilles qui volent, de l’air et de l’eau sont gardés.
L’enracinement, Partie 2 – Feu
La deuxième partie de « Des racines nées » raconte l’impulsion, la mise en action de la recherche d’enracinement, l’énergie. L’ambiance est sanguine, combattante, l’atmosphère se réchauffe.
Au fur et à mesure, nous commençons à voir des gros plans, toujours fixes, de l’écorce de l’arbre et de la terre sous laquelle se trouvent ses racines. Ses racines ne sont jamais montrées de manière explicites : elles sont subtiles, palpables, mais invisibles, comme l’enracinement de l’immigré.e. Les plans commencent doucement à s’élargir, et sont encore entrecoupés de plans des différentes parties du corps du protagoniste, de plus en plus larges. Sur ces images, nous entendons, toujours en voix-off, le poème écrit pour le film. Ces paroles évoquent la recherche de l’identité, la recherche de l’ancrage, de l’enracinement. C’est sur ces images que la musique composée commence. À ce moment, la musique est intense, torturée, forte, évoquant ce déchirement identitaire.
L’identité multiple, Partie 3 – Terre
La dernière partie de « Des racines nées » raconte l’acceptation de la nouvelle identité multiple ou de la non-identité, c’est la force tranquille. L’ambiance est forte mais apaisée.
La conclusion du film montre des plans larges des arbres, des feuilles, de la cime des arbres. Ces plans sont maintenant en mouvement : ils tournent sur eux-mêmes, comme un tourbillon, au rythme très lent. Ces plans sont entrecoupés du visage du protagoniste. Son expression est ancrée, il est sûr de lui. À ce moment là, l’ancrage est acquis, l’enracinement est profond, l’identité est multiple. On est passé de l’envol à l’enracinement. La musique est beaucoup plus posée, calme, évoquant ainsi l’ancrage.
